
Un roman historique
Arcachon - Les Quais du Canalot
1840-1903
De: Yvon Corcia
Editeur : La Geste Editions
En 1840, Diego, surnommé « Le Diègue », quitte son Espagne natale pour tenter sa chance à La Teste-de-Buch, sur les rives du Bassin d’Arcachon.
Travailleur et déterminé, il y fonde une famille dont les générations successives vont vivre les grandes transformations de la région. À travers leurs aventures, leurs passions, leurs joies et leurs drames, se dessine l’histoire d’un territoire en pleine mutation
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de JC Prinz

Quatrième de couverture


Les Personnages
Le héros - Diego dit « Le Diègue »
Ouvrier agricole venu chercher fortune sur le bord du Bassin, sérieux et travailleur
Le « Méchant » – Le Grêlé
Fourbe et malfaisant, malhonnête. Lui et son fils (« facia d’anjot ma cor de demoni ») passent leur vie à répandre le mal et à combattre la famille de Diégo et ses descendants.
Marie – jeune femme.
Diégo va l'arracher aux griffes du Grêlé pour l’épouser et fonder une famille ( enfants et petits-enfants).
Les enfants et petits-enfants :
Jules , directeur des pêcheries de l’océan. Émile passionné de mécanique, Marie bourgeoise bordelaise, José Ostréiculteur,...
Nombreux personnages de la narration
Personnages Historiques réels :
Harry Scott Johnston
Fondateurs des Pêcheries de l’océan et propriétaire des prés salés, mentor dans le domaine des affaires.
Adolphe Alphand
Ingénieur des ponts et chaussées de Gironde, concepteur de jetées, routes, ports… Mentor dans le domaine des travaux et de l’urbanisme.
Mais aussi :
et bien d’autres…..
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Yvon Corcia - 40 avenue des ostréiculteurs -33260 -La Teste
La fin du premier chapitre
Le Diègue va t il périr noyé sous les coups du Méchant
"Le grêlé "?
Sur la place Lavie (actuellement place jean Hameau) , Le Diègue croise Marie.
Il est frappé comme par un éclair de ses yeux bleus, ses boucles blondes et son visage d’ange. Il lui prend des mains son lourd panier de courses.
Les mots lui viennent difficilement.
— Je, je, … peux vous aider, mon enfant ?
Tenez-vous éloigné mon bon Monsieur, lui répond-elle. Le Grêlé ne veut pas que je parle à des gens dans la rue et surtout pas à des hommes !
— Mais enfin, c’est sans raison, articule Diego plus troublé qu’il ne voudrait par l’attirance qu’il ressent pour la jeune femme.
Le Grêlé surgit de la maison voisine.
— Hé l’estrangey ! Tiens-toi à distance et vire au large si tu ne veux pas avoir un mauvais accident qui te casserait un bras ou une jambe. La Marie m’a été confiée par ses parents et j’en assure la garde.
Diego s’éloigne contrit et désespéré.
Joseph lui explique que les parents de Marie ont une vieille dette de 50 F, une histoire de coupe de bois dans la forêt usagère. Le Grêlé leur réclame chaque mois de nouveaux intérêts et des pénalités, il dit que la dette est maintenant de 200 F, une somme astronomique, presque un an de salaire !
Le travail a bien progressé dans le chantier du chenal. Joseph a déplacé chaque jour le pignot le plus au nord. Comme ils sont presque arrivés au Callaou, il y a pratiquement de l’eau en permanence autour du chenal. Ils utilisent maintenant les déblais pour faire des petites digues à l’avant et sur les côtés. Ils peuvent ainsi creuser « à sec » à l’abri de ces protections.
Le travail est rude mais Diego aime bien faire preuve de sa force pour du travail efficace et bien fait. Souvent le Grêlé arrive le matin en partie éméché et s’endort dans le chantier au lieu d’aider ses camarades. Il est quand même payé rubis sur l’ongle chaque soir. Tout le monde n’est pas le cousin de la femme du maire !
Le chantier du train s’approche du bourg.
Diego qui est curieux de nature va y observer les ballasts et les techniques de nivellement de la voie. Il rencontre Adolphe Alphand et Adalbert Deganne deux jeunes gens nés à quatre jours d’écart en 1817 l’un à Grenoble, l’autre en Champagne.
Adolphe, est un jeune ingénieur polytechnicien, également diplômé de l’école des Ponts et Chaussées. Il considère le bassin d’Arcachon comme une terre promise à l’ouest de Bordeaux. Il voudrait y construire des ponts, des écluses, des jetées et aménager des ports. Il est très intéressé par le travail de creusement du chenal de Diego. Il pense qu’il y a peut-être matière, plus tard, à construire un vrai port près du bourg et de la gare.
Adalbert est plus secret et plus ombrageux. Il semble dévoré d’ambition et de réussite sociale. Dans son village de Vertus dans la Marne, il a tenté d’épouser une riche héritière mais il a été repoussé par la famille comme un vulgaire aventurier.
Après avoir hésité à s’embarquer pour les Amériques, il a choisi une terre de conquête plus proche, la Petite mer de Buch. Il y est venu avec le chantier du train.
Adalbert lui a expliqué qu’en épousant une riche héritière, on gagne à la fois la situation dans la bourgeoisie locale et les moyens financiers de son ambition.
Diego est plus modeste que ces deux personnages, il veut juste assurer son gîte et son couvert et, si Dieu le veut, fonder une famille avec une robuste épouse et de beaux enfants.
Ce soir Diego se promène sur la petite digue le long du chenal qu’il a creusé avec ses compagnons. Il est particulièrement fier du travail accompli.
Adolphe Alphand lui a expliqué que l’inauguration de la ligne aurait lieu bientôt, avec fanfare, discours des officiels, une locomotive rutilante et fumante de partout.
Le soir tombe et le jusant ramène l’eau vers le Bassin créant un grand mouvement dans SON chenal.
Devant lui, un pignot affleure au ras de la berge. Ces pignots servaient de repères pour guider le creusement. Joseph les a tous retirés au fur et à mesure de l’avancement mais celui-ci, trop enfoncé est resté là.
Dans le soir de plus en plus sombre, Il perçoit des cris derrière lui. Marie, pieds nus et échevelée, court sur le bord de la digue poursuivie par Le Grêlé qui vocifère
— Mauvaise femme, viens t'en ici, que je te corrige !
Elle dérape et tombe dans le chenal, elle se débat pour regagner la berge mais le jusant l’entraîne vers le large.
N’écoutant que son courage, Diego se jette à l’eau pour la secourir.
— Comment, encore toi le Diègue s’époumone Le Grêlé , ma parole tu nous espionnes partout !
Le Grêlé saisit des pierres sur la digue et les jette sur Diego.
Sous la pluie de projectiles, Diego tente de ramener Marie vers le bord. Il se bat contre le courant de plus en plus fort. Marie est comme inerte dans ses bras et ne réagit plus.
Le Grêlé a trouvé des pierres de plus en plus grosses qu’il jette de toutes ses forces sur les deux jeunes gens.
— Crève charogne, crevez tous les deux, tiens !
Un œil sanguinolent, des plaies à la tête et aux bras, à la limite de la perte de conscience, Diego réussit à poser Marie inerte sur la berge. À ce moment un rocher énorme, balancé des deux bras par Le Grêlé l’atteint à la tempe.
Il perd connaissance, coule au fond du chenal, le courant puissant l’emporte vers le Bassin.
Le Grêlé secoue Marie et l’entraîne vers le bourg :
— On rentre à la maison, nous voilà débarrassés de ce Diègue de malheur qui te tournait autour.
— Allez ouste à la soupe !